Tourista et diarrhée du voyageur

Alors que nous nous trouvions à Chiang Mai ( Thaïlande )sur le retour du restaurant Pingui que je ne recommande du coup absolument pas, j’abandonne en courant mes compatriotes et mon fils à leur soin en sentant un mouvement dans mon ventre. Je me revoie courir à l’hôtel, prendre l’ascenseur et vider mes intestins dans les WC.

La diarrhée du voyageur est très fréquente et dans mon cas, est souvent liée à un manque de vigilance. La boisson fraiche au restaurant qu’on oublie arrosée de glaçons ou encore que l’eau de l’aéroport, c’est déjà de l’eau contaminée. Nous oublions car nous vivons dans un monde où l’eau courante et propre est tellement fréquente dans tous nos gestes que se laver les dents avec de l’eau en bouteille ne relève pas de l’habitude. Et qui n’a jamais bu sous la douche de l’eau qui s’écoulait? ( j’ai eu le malheur de faire cela aux ecolodges de sologne et j’en ai été bonne pour de sérieuses crampes intestinales ).

Vous n’avez pu échapper aux articles tapageurs dans la presse intitulés : le ventre, ce second cerveau. Le ventre est à l’origine de toutes les pathologies industrielles. Quelques années après le début des premiers articles, je me formais en nutrition et micro nutrition.

Notre microbiote, 1000 espèces bactériennes (4), est hérité à la naissance et est fixé vers l’âge de 2 ans (5,6,7). Il se compose majoritairement de firmicutes, d’actinobacteries et de bacteroides. Selon les deux premières années de vie, des variantes vont apparaître . Par exemple, si la mère allaite son bébé, se dernier va recevoir les bactéries vivantes (7) qui vont cheminer dans le lait maternel par le sein jusqu’à sa bouche et ainsi coloniser son intestin. Cela va augmenter les bifidobacteries (6).

La prise d’antibiotiques avant l’âge de 5 ans (6) va favoriser l’apparition de maladies comme l’asthme ou la maladie de chron.

Au cours de cette dernière, je découvrais qu’il était possible de prendre des probiotiques en prévention lorsque l’on se rendait dans des pays où l’hygiène est précaire et ce, afin de limiter les diarrhées du voyageur.

Les probiotiques sont des bactéries que l’on ingère vivantes et qui viennent en renfort de nos propres bactéries au sein de la flore intestinale.

Elles ne s’implantent pas dans notre organisme (4) et sont différentes de celle de notre organisme. Cependant, il ne faut pas prendre n’importe quel probiotique. Un probiotique donné comme le lactibiane sur la photographie ne sera efficace que sur les pathologies pour lesquels il a été testé. Une souche donnée sera efficace pour une indication donnée (2).

D’après l’OMS ( organisation mondiale de la santé), la diarrhée se définit par l’émission de plus de 3 selles par jour (1) avec comme risque principal la déshydratation.

Les principaux germes en cause (1,4) sont les salmonelles, les shigelles, les yernisias, les campylobacter et les escherichia coli.

Ces germes se retrouvent dans 70% des cas (4) dans l’eau souillée et sur les légumes et fruits crus.

Plusieurs souches de probiotiques se révèlent efficaces :

  • L.acidophilus
  • L.bulgaris
  • B.bifidum
  • S.thermophilus

Et deux autres souches sont efficaces selon le pays de destination ( cf : JC.Rambaud, flore intestinale. John libbey 2004 ). Il s’agit de :

  • L.GG
  • Levure Saccharamyces cerevisiae var boulardii appelée aussi ultra levure.

Boulardii est notamment efficace pour les diarrhées induites par les traitements antibiotiques. Elle a un effet anti-inflammatoire, sur les MICI, et le développement des tumeurs coliques notamment (3). La prise recommandée (1) est 2 à 3 x 10^9 pendant 28 jours puis pendant 4 semaines.

Pour vous aider dans le choix de vos probiotiques voici quelques exemples que vous pouvez tester chez l’adulte :

Lactibiane 30 euros les 30 gélules ( S.thermophilus )

Probiotil ultra 15 euros les 20 sachets ( bifidobacteries, S.thermophilus )

Ergyphilis plus 17 euros les 60 gélules ( lactobacillus gg, bifidobacteries, lactobacillus acidophilus )

Colicalmil 13 euros les 60 gelules ( lactobacillus acidophilus, bulgaricus, bidobacteries et thermophilus )

Le dernier me semble le plus judicieux quant aux bactéries qui le composent.

Quelques précautions s’imposent :

Les probiotiques sont des organismes vivants… les faire voyager en soute les tueraient. Il est plus judicieux de les avoir dans le bagages à main. En considérant les restrictions de liquides préférez les prendre en gélules ou en sachet.

En cas de diarrhées, il est recommandé (3) de :

  • S’hydrater suffisamment : 1 à 2 l par jour d’eau pure, sous forme de thé sucré, de bouillon salé, d’infusion.
  • Éviter le plus possible l’alcool et la caféine
  • Éventuellement ( notamment chez le jeune nourrisson ) d’adjoindre un soluté de rehydratation comme Adiaryl, picolite, alhydrate. L’administration conjointe de glucose et de sel stimule l’absorbtion de l’eau par l’intestin (4)

Plusieurs traitements médicamenteux peuvent être prescrits par votre medecin traitant (3) spécialement dans le contexte de la diarrhée du voyageur. Ces médicaments sont recommandés en deuxième intention et en l’absence de fièvre et de sang dans les selles :

  • Nifuroxazita
  • Basterix
  • Diafuryl
  • Ercefuryl
  • Panfuryl

Ceux qui préfèreront se tourner vers des traitements plus ésotériques nous avons l’homéopathie ( tous mes formateurs stipulent l’infondement de cette thérapie : donc se renseigner avant d’en prendre ). :

  • Podophyllum peltatum 3 à 5 granules par jour chez l’adulte
  • Diaralia 4 à 6 granules chez l’enfant dès 6 ans

Ou encore la phytothérapie ( je m’y formerais un jour ) avec :

  • La salicaire
  • Les baies de cassis ou de myrtilles

Associée au charbon végétal qui agit comme le smecta. C’est à dire qu’il forme un pansement intestinal à condition de le prendre en dehors des repas et à distance des médicaments.

Acticarbine, carbophes, carbosylone, formocabine

Vous voilà à même d’affronter l’ennemi numéro 1 du voyageur en Asie du sud est et en Inde.

Et vous avez vous des anecdotes sur la tourista ? Prenez vous des probiotiques ? Si oui, qui vous les a conseillés, que prenez vous et pourquoi ?

Ayan.

Bibliographies :

1 : S.FAURE. Intérêt des probiotiques en préventif au niveau des différentes flores de l’organisme. Actualités pharmaceutiques. N528. 2013.

2 : S.M.SCHNEIDER. Probiotiques. Medecines des maladies métaboliques. Vol 2, issue 4, pp363-7. 2008.

3 : C.PERE. Prise en charge de la diarrhe et de la constipation a l officine. Actualités pharmaceutiques. N559. Pp48-51. 2016.

4 : J.DORE. Une ere nouvelle dans le domaine des interraction entre le microbiote et la sante humaine. Gastroenterologie clinique et biologique. N34. Pp1-6. 2010.

5 : J.TOURET. Lactobacillus : ce qu’il fait à l’intérieur se voit à l’interieur. Nephrologie et thérapeutique. 2016. 190-2.

6 : O.GOULET. La flore intestinale : un monde vivant à préserver. Journal fe pediatrie et de puericulture. n22, pp102-6, 2009.

7 : J.DORE, G.cORTHIER. Le microbiote intestinale humain. Gastroenterologie clinique et biologique. N34, pp7-16, 2010.

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